Kargall le fou
Naissance d'une apocalypse

Né à Paris en 1968, il part avec sa famille peu après pour la région orléanaise. Très rapidement, l'enfant Kargall s'épanouit dans l'Artistique. Débutent alors les tiraillements incessants entre la Musique et le Dessin... A quelle muse consacrer le plus de temps ?" Il est plus facile de peindre en écoutant de la musique que de jouer d'un instrument un pinceau à la main !".

Kargall le fou Mais pour la sécurité monétaire du quotidien, sa famille l'oriente vers des études de... chaudronnier ! "Parce que c'est pas un métier artiste", et que " chaudronnier c'est bien, c'est artistique, manuel ; ça te plaira". "Là, j'aurais mieux fait de prendre mes jambes à mon cou et vivre mon rêve américain. Il y a toujours quelqu'un qui veut ce que tu fais là-bas". Au lieu de ça, dûment formé et diplômé, il part pour un an chez les paras, à Pamier, du côté de la ville rose. Pour se préparer à tout affronter. Comme pour appliquer au quotidien sa recherche de rigueur et d'exigence personnelle, d'hygiène morale.

Pour ne jamais oublier que se donner les moyens de faire ce que l'on veut, c'est encore de ne se chercher aucune excuse, aucune échappatoire. Faire ce que l'on dit. être qui l'on doit. Exiger des autres ce que l'on a su exiger de soi-même au préalable - et pas à posteriori. La lâcheté, la sienne, des autres, lui fait honte. Kargall Le-Fou, c'est la "Topitude" : une exigence personnelle toujours ascensionnelle.

Et puis il repart. Il suit 'Une' Belle sur les bords de Loire... Il est alors soudeur pour les chantiers navals. Et pendant qu'il joue du fer, "je peignais dans ma tête. Je déposais des couches de peinture sur une toile. C'est comme la répétition d'une pièce de théâtre, j'imagine. Y'a pas besoin de faire pour que ça existe".

Et puis un jour c'est le déclic. Comment s'imaginer vieillir au milieu d'ouvriers assommés par un quotidien immuable et, de fait, parfois au moins aussi précaire que celui de "la vie de bohème" ? Alors qu'on sait que l'on est fait pour autre chose et que cette conscience, cette certitude, nous rend malheureux. Et il rencontre 'La' Belle grâce à laquelle l'aventure artistique devient possible au quotidien." Avec elle j'ai pu tout lâcher pour devenir 'la peinture', Kargall-la-barbouille" - large sourire. Les berges de l'estuaire comme corridor d'un nouvel accouchement. C'en est fait. Kargall Le-Fou est né, ici, à Nantes. Comme ses enfants.

C'est le début d'une autre histoire. Celle à laquelle participe chaque acquéreur d'une toile de l'artiste, chaque personne qui a ou aura la chance de le voir travailler. Chaque admirateur/trice d'un talent qui fait de la violence et du mensonge du quotidien un miroir sans équivoque sur la suite des événements... Si nous n'avons pas assez de distance pour juger de ce qui se passe autour de nous, ouvrons simplement les yeux sur ce que Kargall Le-Fou nous révèle : une apocalypse qui se nourrit de nos faiblesses de raisonnement, de notre paresse, d'une moralité arrangeante...

Le travail de Kargall le fou

La peinture comme moyen de réaction au monde qui l'entoure ?... Oui ! Indubitablement. Même si la musique est restée longtemps un medium de cette observation constante de ses congénères Et l'est encore. Alors de quoi a-t-on besoin pour réaliser l'exégèse esthétisante de ce qu'il y a de plus condamnable et hypocrite dans notre civilisation ?

Son laboratoire

Kargall le fou Certainement d'un atelier en tout premier lieu ! Et celui de Kargall n'est pas tout à fait commun puisqu'il est comme enraciné autour de la vis géante d'un ancien pressoir à raisin. Pas seulement exotique ce détail ; utile aussi. Des toiles y sèchent comme suspendues au dessus d'un précipice infernal ; mais l'on peut s'y cramponner aussi pour étudier le travail en construction affiché tout autour de cette pièce, s'y appuyer pour prendre le temps nécessaire à la découverte de chaque toile en construction ou terminée, et opérer une révolution de 180 degrés... Horizon infini, construit selon un principe cher à Dante dans sa descente aux Enfers.

Les outils sont tous là aussi. Carnets, crayons, stylos ; pots, tubes de peintures, pinceaux ; mais PC et tablette graphique aussi ; logiciels de 3D ; toiles, moyennes, grandes ou fresques gigantesques...
Un arsenal qui bouge, s'organise en fonction de l'aboutissement des œuvres. Toute étude est destinée à trouver son aboutissement sur la toile. Mais d'ici là le parcours est multiple, du crobard sur cahier (tout est gardé – critiqué ; existe ou a existé. Mais est conservé.) à l'étude informatisée. Toutes ces réalisations morcelées s'organisent. A l'instar de son travail sur ses "Fractales", ces morceaux d'univers kargalliens semblent en perpétuel mouvement. Ils s'approchent de notre rétine, conduit direct vers notre cerveau , ou s'en éloignent pour mieux souligner tout ce qui est en mouvement dans nos tribus contemporaines : ce qui s'en arrache, ce qui s'y agrège... dans quel sens est le mouvement au final ? Certainement dans celui de l'amateur qui s'approprie cette Histoire en construction, qui s'y reconnaît... trop bien, parfois, certainement... jusqu'à se dégoûter de lui-même peut-être. Réagir alors.

Une œuvre Kargalienne c'est aussi...

C'est l'envie tant que le défi qui motivent l'urgence du démarrage d'une réalisation. Autodidacte dans la pratique de son art, Kargall Le-Fou reconnaît bien volontiers avoir consacré un nombre incalculable d'heures en immersion totale dans les chefs-d'œuvre des plus grands maîtres de la Renaissance. A étudier les perspectives, la genèse du mouvement, l'équilibre d'une stature, la facture d'un trait posé sur une toile pour appréhender le trait de caractère d'une frange de l'humanité que son auteur voulait fixer alors.

Et puis il y a la révélation, les révélations : Zdislaw Beksinski - Hans Ruedi Giger - Gérard Di Maccio - Wojtek Siudmak.

Pour cet artiste qui peignit son premier crâne sanguinolent entre 2 et 3 ans, l'évidence présente enfin les images qu'il en attendait. De l'ambivalence, enfin ! Du sexe et des croix, de l'humain pourrissant sur pieds, du surnaturel, du supra humain, de la vilénie sortent de pinceaux merveilleusement agiles, guidés par une capacité de travail et d'exigence telles qu'il en a toujours rêvées. Ces artistes sont ses maîtres contemporains. C'est donc qu'il en existe. Qu'une porte est ouverte. Qu'il peut lui aussi assumer son expérience de la vie pour la retranscrire. Que son appétence pour la beauté de ce monde peut aussi transparaître dans son dégoût de ce que les profiteurs et les lâches en font. Kargall Le-Fou, un Cornu mâle, mais toujours un démon blanc.

Avis d'amateurs : Kargall, son travail ...

"C'est pas du 'easy watching' ! âmes sensibles s'abstenir... C'est agressif et dérangeant ; ça chatouille toujours quelque part ; et comme ça suggère encore plus que ça montre... on peut en discuter pendant des heures ! Il faut juste être prêt à reconnaître dans la beauté les travers du genre humain, d'une époque. C'est assez début de siècle, quoi ! Huysmans & Co..."

"C'est choquant quand même tout ce qu'on voit aujourd'hui, non ?!! Parce qu'il faut franchement être de marbre et ne plus posséder une once de savoir-vivre, de respect de soi et de morale pour encaisser tout ce que l'on lit, voit tous les jours autour de nous sans broncher, non ?! Le travail de Kargall, c'est la construction d'un monde où tout est atrocement beau. Le nôtre en somme, mais dont le voile hypocrite et censurant de la 'bien-séance' aurait complètement disparu. Un message de colère extrêmement détrempé au vitriol de l'humour. Sauf que l'humour c'est avant tout être capable de se moquer de soi.. ; et que le jour où notre peintre se rapprochera un tant soi peu de l'attractivité de la décadence, de la mégalomanie ... il ne sera plus lui, et sera incapable d'aimer ce qu'il fera. Impensable, donc !"

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